Alerte en Action > Souscription 2002

Appel à souscription

Le mercredi 1er mai 2002

 

Aux habitants des Communes concernées


LA BATAILLE CONTRE L’INCINERATEUR GEANT CONTINUE ! APPEL A SOUSCRIPTION.

De quoi s'agit-il ?

Le projet est prévu à Villers Saint Paul, en zone inondable, sur un terrain instable, dans le périmètre de sécurité d'une zone sévézo 2, à 50 mètres du futur parc naturel régional, sur une ancienne décharge chimique, sur un axe routier déjà surchargé, au cœur d'une agglomération de 80.000 habitants déjà très polluée, proche des communes de Senlis, Chantilly, Pont Sainte Maxence et alentours.

L'objectif est de brûler 172.500 tonnes de déchets par an (258.750 tonnes à terme, soit 500 kg par minute, 24 heures sur 24, 365 jours par an), soit 10 à 30 fois plus que dans les incinérateurs classiques. Cette nouvelle génération d'incinérateur ne résout pas la problème des dioxines car les systèmes de traitement des fumées sont soumis à des contrôles dérisoires au regard des risques encourus, et dans la réalité ils sont difficiles à maîtriser. A Halluin par exemple (département du Nord), un incinérateur neuf, identique à celui prévu à notre porte (même concepteur, même constructeur, même exploitant, même technologie) continue de fonctionner malgré des rejets de dioxines incontrôlables supérieurs aux normes en vigueur.

L'incinération consiste à transformer 100 kg de déchets ménagers et de boues de station d'épuration en 28 à 35 kg de cendres volantes et mâchefers (sans compter les fumées) hautement toxiques, qu'il faut stocker dans des décharges contrôlées.

Un danger pour la santé : les dioxines.

Ce sont les substances les plus toxiques jamais produites en laboratoire. L'incinération produit des dioxines. Elles se dissolvent dans les graissent et passent dans les cellules où elles se combinent avec les protéines. Les dioxines interfèrent avec 6 hormones dont les hormones sexuelles, les hormones gastriques et les hormones thyroïdiennes. Elles ne sont pas détruites dans l'organisme. La seule façon d’éliminer les dioxines est de faire un bébé. La dioxine passe dans le fœtus, puis dans le bébé par l’allaitement.

A l'étranger comme en France, différentes études épidémiologiques concordent : le risque de cancer pour les personnes habitant à proximité de l'un des 160 incinérateurs éparpillés sur le territoire est plus élevé. Au-delà, nous sommes tous concernés, car 90% des dioxines que nous ingérons chaque jour proviennent de notre nourriture.

En juin 2000 L'Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) a publié les chiffres officiels de contamination des français par les dioxines ("Dioxines : données de contamination et d'exposition de la population française", ADEME, juin 2000). Les résultats de cette étude ont été dénoncés par le Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets (CNIID). Entre autres journaux, "Le Point" (édition du 08/12/2000) a relaté les résultats de ces études. Il apparaît que les chiffres ont été falsifiés, que la contamination moyenne des français dépasse 4 pg/kg/an (1 pg. ou picogramme : un millionième de millionième de gramme). Elle atteindrait même 9.4 pg. pour les 5% des français les plus exposés. L'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) recommande de ne pas dépasser le seuil de 1pg.

Selon le Comité de la prévention et de la précaution, organisme officiel dépendant du ministère de l'Environnement, la dioxine tuerait entre 1800 et 5200 français chaque année par cancer.

A Gilly sur Isère près d'Albertville, un incinérateur vient d'être fermé en urgence pour cause de contamination de l'environnement, de la population et du bétail par les dioxines sur un rayon de 25 km. Le préfet estime désormais que le total des bêtes détruites atteindra les 5 600. Dans une seule rue de Grignon, commune voisine, 24 personnes ont été victimes de cancers. Frédérique Sanchez, mère de trois enfants donnait le sein à son dernier bébé lorsque son lait a été contrôlé à 15 picogrammes à la trente-deuxième semaine d'allaitement. "Lorsqu'on sait que le taux de dioxine est le plus fort en début d'allaitement et qu'il diminue d'environ 12 % par mois, j'ai dû atteindre 30 picogrammes. Le lait des vaches est retiré à partir de 5. Et le nôtre ? A partir de quand doit-on cesser de le donner à notre gamin ?", s'interroge-t-elle. Des solutions alternatives

Elles sont beaucoup moins chères pour la collectivité et infiniment plus écologiques.
-  Une usine de compostage associées à un centre d'enfouissement contrôlé et non odorant pour les résidus sec existe en Bretagne.
-  Une unité de bio méthanisation à Amiens donne de bon résultats.
-  Le compostage industriel des déchets humides, qui sont l'essentiel de nos déchets consiste à rendre à la terre ce qu'on lui prend.
-  Une autre alternative à l'incinération consiste à peser les déchets non triés de chaque foyer (principe du pollueur payeur) à l'aide d'une puce électronique placée sur la poubelle. Cela abouti à une réduction de la quantité de déchets produits de plus de 50% partout où cela est appliqué.

Des membres de l'association Alerte aux déchets ont fait des voyages d'étude en Alsace et à Amiens pour analyser les alternatives.

Etat d'avancement du dossier :

La première partie de la procédure pour la construction de l’incinérateur vient de s’achever par la délivrance du permis de construire et l’arrêté préfectoral autorisant l’exploitation.

Les failles et les lacunes du dossier de l’incinérateur de Villers-Saint-Paul sont nombreuses et l’association ALERTE aux DECHETS a l’intention de les pointer du doigt pour démontrer que le projet n’est pas en conformité avec la loi.

La bataille contre l’incinérateur géant entre donc dans une phase juridique et lors de sa réunion plénière du 6 février 2002, ALERTE aux DECHETS a décidé de s’y engager fermement.

Un premier recours a été déposé avec l'aide d'un cabinet d’avocats qui fait autorité dans le domaine de l’environnement. Le combat sera probablement long et une estimation du coût pour l’association s’élève à 8.200 euro pour attaquer en justice un seul des deux arrêtés autorisant le projet.

Même si les finances actuelles de l’association ne permettent la prise en charge que d’une partie de ces dépenses, nous sommes convaincus que de nombreux habitants des communes concernées auront à cœur de soutenir notre démarche. C’est pourquoi nous faisons appel à vous.

Appel à souscription. Nous avons besoin de votre soutien financier !

Bien entendu nous vous tiendrons au courant, comme nous l'avons toujours fait, par voie de presse (Le Parisien, Le Courrier Picard, Oise Hebdo, France 3 Picardie), par notre site Internet (http://www.alerteauxdechets.org - mise à jour imminente), et lors de nos réunions le premier mercredi de chaque mois à la mairie de Villers Saint Paul à 20h30.

Merci de votre participation.

Pour l’association, le président : Frédéric Schwindenhammer


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