La commune de Dilbeek, 37000 habitants, en Belgique, a diminué en 7 ans de 65 % le volume des déchets (collectivités, commerces, entreprises et particuliers). La ville a mis en place un système de collecte où les particuliers ne payent que les déchets non recyclables et, initiative plus intéressante, la mise en place d'actions de sensibilisation par la réduction à la source : par exemple, dans les écoles, il a été conseillé aux parents de ne plus emballer les sandwichs de leurs enfants dans de l'aluminium, mais d'utiliser des boîtes réutilisables ; de même pour les boissons : utiliser des bouteilles en verre consigné plutôt que des cannettes jetables après usage (c'est obligatoire pour les écoles) ou utiliser des gourdes ou des gobelets à couvercle.
En 10 ans, dans la commune de Manspach, en Alsace, la masse des ordures ménagères est passée de 370 kg par habitant à 77 kg en prônant la réduction à la source et en mettant en place le système de collecte à la pesée : chacun paye en fonction du poids de ses ordures. Depuis la mise en fonctionnement d'un nouvel incinérateur début janvier 2003, dans la communauté de communes, il a été demandé aux habitants de mélanger à nouveau les plastiques aux déchets ultimes. Le tri et le recyclage battent ainsi en retraite face à l'appétit du nouveau mode de gestion de déchets. Le maire de Manspach mène la fronde contre cette décision.
La ville de Munich a mis en place un service de location d'assiettes et couverts réutilisables ainsi que de lave-vaisselle pour les fêtes et petites manifestations publiques. Pour les plus grands événements, elle instaure l'interdiction des couverts, assiettes et verres non réutilisables. Dans les écoles, les services de restauration ont remplacé les cannettes et bouteilles à usage unique par des récipients réutilisables.
La ville de Salzbourg, en Allemagne, a édité une brochure qui présente la liste des artisans et ateliers de réparation et de restauration de divers articles (meubles, électroménagers, jouets, vélos, outils…).
La Slovaquie est le premier pays au monde à avoir voulu interdire totalement le PVC. Le 15 mai 2001 le parlement slovaque a voté une loi entrée en vigueur le 1er juillet 2001. En voici un extrait : « il est interdit : la production, l'importation et l'exportation de polyvinylchloride (PVC) ainsi que les produits fabriqués à partir de PVC à partir du 1er janvier 2008 ». Suite à un lobbying des industriels, cette loi s'est transformée, pour le moment, en « programme de prévention ».
La capitale de l'Australie, Canberra (200 000 habitants) a mis en place un objectif zéro déchet pour 2010. Il y a 10 ans, le tonnage de déchets annuel était de 440 000 tonnes, il a été réduit de 40 % depuis. La prévention par la réduction à la source, la production propre industrielle (principalement sur les emballages) étaient sur le point de permettre la réalisation de ce projet. Malheureusement le feu qui a détruit une partie de la ville, fin 2002, a mis de côté pour un certain temps cet objectif. La ville de Canberra va-t-elle investir dans des matériaux sains pour la reconstruction ?
Taiwan a décidé d'interdire la distribution gratuite de sacs et d'objets en plastique. Depuis le 1er juillet 2002, les couverts et les sachets en plastique ont été interdits dans les cantines scolaires, les organismes publics et les casernes. La deuxième partie du plan, concernant le commerce privé, est entrée en application le 1er janvier 2003. Les magasins, supermarchés ou commerces de proximité, ainsi que les chaînes de restauration rapide, ne doivent plus emballer leurs marchandises dans le plastique. Pour l'instant, seuls les marchands de rue échappent à cette mesure. Les contrevenants à la nouvelle loi sont passibles d'amendes allant de 2000 à 10 000 euros.
La collectivité territoriale de Corse étudie la possibilité d'interdire l'utilisation, dans l'île, des sacs plastiques d'emballage, considérés comme polluants et nocifs pour la santé. Cette proposition devrait être débattue en 2003 par l'assemblée de Corse. Un peu plus de 50 millions de sacs plastiques sont utilisés chaque année dans l'île.
En Allemagne, depuis le 1er janvier 2003, les canettes et bouteilles plastiques de boissons gazeuses et de bière vendues doivent être soumises à une consigne de 25 centimes d'euros, voire 50 cts pour les grandes bouteilles, ce qui parfois double presque leur prix. Le plus aberrant pour les consommateurs est que la consigne ne dépend pas du type de l'emballage, mais du contenu des canettes. Versés dans les mêmes canettes ou bouteilles que la bière ou la limonade, les boissons non gazeuses (jus de fruits, thé glacé...) ou les mélanges alcoolisés (whisky-coca...), échappent, elles, à la consigne : c'est là une concession que le groupe de pression du jetable a réussi à extorquer lors du passage de la réforme au Parlement, et qui bien sûr n'a guère de sens.
En Allemagne toujours, certaines grandes surfaces proposent pour le lait des « vaches métalliques », avec pis en caoutchouc. Ce système permet au consommateur de remplir lui-même sa propre bouteille.
En Roumanie, il existe encore un standard unique de bouteilles pour le vin, les eaux minérales et les boissons gazeuses. Ces bouteilles sont consignées et réutilisées après avoir été collectées dans des caisses également identiques. Récemment encore, les huiles neuves pour voiture étaient vendues à la condition de ramener l'huile usagée, et les papiers étaient collectés et achetés pour êtres recyclés. Depuis 1989, les compagnies privées, avides de profit, mettent à mal ces systèmes.
En Asie, l'enveloppe végétale du riz, un matériau non combustible, a été utilisée comme substitut du polystyrène comme emballage et comme matériau ignifuge en construction.
Au Bangladesh, une étude a montré que la filtration de l'eau avec un vieux sari (vêtement en coton) divise par deux les risques de choléra.
Au Canada, l'association des brasseurs a établi un système de consigne pour les contenants de bière. Le taux de récupération avoisine les 98 % pour les bouteilles et 85 % pour les canettes.
En Angleterre, il existe depuis très longtemps le service de livraison et de collecte des bouteilles de lait. Cette pratique était encore très développée il y a une vingtaine d'années. Mais depuis l'expansion des supermarchés de nombreux distributeurs ont fait faillite. Le livreur était une personne populaire à l'intérieur des quartiers, connu par tous, qui était parfois le seul lien avec l'extérieur pour certaines personnes âgées vivants seules, et qui surveillait les maisons vides pendant les vacances.
Sans PVC. Dans le domaine de la prévention, pour éviter l'utilisation du PVC, de nombreux pays ou villes ont choisi des matériaux traditionnels comme le liège, le linoléum, le bois, la céramique... Plus de cent communes en Allemagne, dont Berlin, six des neufs provinces autrichiennes, plus de cent communes de Suède, Norvège, Danemark et Benelux interdisent son utilisation dans les constructions publiques. Vienne en Autriche a supprimé le PVC des transports publics. En France, une dizaine de municipalités ont signé une charte « Ville sans PVC ».
Le chauffage de l'eau au soleil (pour atteindre au moins 70°C, pendant plusieurs minutes) s'avère très efficace pour la rendre potable, et ne nécessite aucune produit chimique.
Les textes de ce dossier sont intialement parus dans le n° 295 (avril 2003) de la revue S !lence.
Ils ont été écrits par Jocelyn Peyret qui a eu la gentillesse de nous autoriser à les publier. Jocelyn est président du CNIID et membre fondateur de Tierra Incognita.
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